Dear Mr. President
25/11/2007 06:24 par likoli-nass
C’est quoi, avoir la foi?
C’est le merveilleux défi d’aller au delà
Pour croire qu’il n’y a pas que toi et moi
Que nous ne sommes que de passage ici bas
Et que la mort physique ne nous séparera pas
Croire, c’est aussi consciemment choisir
Des valeurs, une morale, le bien contre le pire
Une ligne de vie, le courage de ne pas fuir
D’accepter le don d’un corps éphémère sans souffrir
De respecter la source de vie sans la laisser tarir
Croire c’est aussi faire preuve d’humilité
Devant la majesté de l’infini et de l’éternité
Ne jamais oublier que nous sommes petits et imparfaits,
Et que, contre toute logique et étude de probabilités
Les jeux sont faits, que nous sommes largement dépassés
La foi est au delà de nos guéguerres et de nos piteux combats
Et même si nous la déguisons au point de ne pas la reconnaître parfois
Sous un hijab, une croix, une kipa ou mille bras,
La place de la foi est dans le cœur, la conscience est sa loi,
Dans l’écrin paisible de l’âme souveraine qui guide nos pas
Qu’importe si elle vient avec un cortège de traditions
Décor si fragile devant la force de ses leçons,
Qu’importe si elle s’exprime de différentes façons
Son seul discours traite de miséricorde et de compassion
Et ses fondations sont faites de perspective et de vision
La foi ne s’impose pas à coups de bâtons
Elle se savoure comme le savoir, l’instruction
Pour se fortifier devant la vie et ses leçons
Pour sauvegarder ce qu’il y a en nous de bon
Ames vierges, proies des faiblesses, vices, transformées en démons
La foi n’est pas un concept qu’on accepte ou rejette
Elle s’imbibe de chaque parole, de chaque geste
D’un regard, d’un sourire, elle n’est jamais en reste,
Fil magique entre l’âme et sa demeure céleste
Où tout est vain: richesse, beauté et dettes
La foi est affection, tendresse et amour
Pour son prochain quelquesoient ses atours
Pour la nature et tout ce qui nous entoure
Petite graine en attente du grand labour
Qui illuminera la terre, la nuit et même le jour
La foi, c’est toi, moi, nos pères, nos mères
Debout, à genoux ou tête contre terre
Prêts, face à l’éternité toute entière
Heureux, malheureux, coupables ou fiers
Mais toujours reconnaissants, parties infimes de l’univers
La foi est l’air de l’espoir, la fabuleuse chance
De danser en équilibre sur la grande balance
De faire fructifier cette merveilleuse semence
Qui fait nos joies et efface nos souffrances
Pour qu’un jour, comme par magie, tout recommence…
J’adore mon pays, la terre qui m’a nourrie au sein
Je protège jalousement son image dans le plus bel écrin
Et je bataille, par tous les moyens,contre les jaloux et les vilains
Pourtant je n’y vis pas… je suis devenu européen ou américain
Et je souffre d’être marocain …de loin…
Dans mon coin donc, je répète que je suis marocain
Fier de l’être et pourtant…pourtant… je me plains
Je n’arrête pas de refaire mon pays du soir au matin
Rien ne me satisfait… ni les choses ni les gens… je geins
Mais qu’est ce que je veux enfin ??
Je voudrais... je voudrais changer tellement de choses pour être bien
Je voudrais, par exemple, garder ma vie d’ici mais la vivre là-bas, enfin !
Pas réaliste du tout, trop rapide, sentimental disent les petits malins
Je répondrais : non, je suis comme vous, un simple marocain
Mais gonflé à bloc par cette foutue el ghorba qui embellit tout de loin
Alors ne me jetez pas la pierre et écoutez moi bien…
Je fais tout ce que je peux, et plus, pour aider, pour garder le lien
Je travaille dur, je téléphone, je transfère de l’argent, je ne suis pas radin
Tout y passe avec largesse: cadeaux, donations et même pots-de-vin…
Et finalement, je ne suis pleinement heureux qu’un mois par an, quel destin…
Quelle ironie, l’ironie du sort,… le sort de 3 millions de marocains
Pour me consoler, sans flancher, je soigne mon profil de marocain
Je donne toutes les priorités à mon corps, à ma soif et à mes faims
Je consomme encore plus de pâtisseries, de tajines et de pain
Je consomme… ma culture, mes traditions, je fais le plein
Qu’importe mon estomac, ma ligne et même mes reins
Je le sais… c’est mon âme et mon cœur qui portent le deuil du lien
Et qui me font fondre de nostalgie et de chagrin
Seul, et parfois malheureux comme un chien
Je recherche la companie, la chaleur d’autres marocains
Mais ceux qui prient et même ceux qui boivent du vin
N’ont jamais réussi, malgré tous leurs discours et leurs refrains,
A m’expliquer pourquoi être marocain ne se conjugue plus qu’au lendemain
Ni comment vivre au présent pour des rêves qui sont trop trop loin
Pour ne pas devenir comme ceux qui ont fini enragés et mesquins
Je me protège du mauvais œil en portant une petite main
Pour avoir la paix avec tous mais surtout avec les marocains
Comme me l’a conseillé, en bonus, la chouafa recommandée par les voisins
Qui essaie chaque année de déchiffrer la carte de l’avenir… des autres et le mien
Parfois confus, parfois en pleine crise, rarement serein
Je laisse passer la douceur de beaucoup de mes matins
Au lieu de vivre ici, je languis pour le non-vécu, pour ce qui est loin
Et je me retrouve à me demander pourquoi tout cela ? Pour rien ?
Ou seulement pour le sourire de mes souvenirs, la chaleur perdue des mains …
Alors en attendant que je puisse redevenir marocain à temps plein
Que je puisse me présenter là-bas ou voter pour quelqu’un
Pour sentir que je suis marocain comme tout un chacun
Je continue mon petit bonhomme de chemin
J’accepte plus ou moins ma vie, mon destin
J’essaie d’assumer ma marocanité, mon identité de marocain
Pour que demain mes enfants aiment, comme moi, sans fin
Cette terre ou je suis né, le seul endroit ou j’aime être bien
Et qu’ils puissent un jour, peut-être, découvrir, le secret magique de ce lien

Tout observateur qui s’aviserait de jeter un regard rétrospectif sur le Grand Sahara durant les trois derniers siècles, s’apercevra d’une effervescence politique brûlante ou d’une situation sociale au bord de l’explosion dans la région.
Si la période de la guerre froide qui a suivi la seconde guerre mondiale avait consacré les divisions politiques des pays africains hérités de l’ère coloniale, la chute du mur de Berlin en l’an 1989, à quant à elle, replacé l’espace saharien dans le giron politique, avec entre autres, la situation conflictuelle à la frontière égypto-soudanaise, qui a été le prolongement aux affrontements sanglants dans la corne de l’Afrique (Ethiopie, Erythrée, Somalie) ou encore au conflit frontalier entre la Libye et le Tchad.
Alors que l’Algérie était plongée dans la décade du sang au point que les implications de cette situation menaçaient jusqu’aux fondements mêmes de l’Etat, ce qui a, chemin faisant, aidé et encouragé la Kabylie à revendiquer ouvertement son indépendance, les Touaregs et les Arabes d’Azouad, repartis tout au long de la frontière Algérie-Mali-Mauritanie, s’étaient soulevés dans l’optique de l’indépendance.
C’est au creuset de ces circonstances internationales et régionales qu’est apparu le problème du Sahara estampillé dans le vocabulaire international comme étant le problème du Sahara occidental.
Dans le sillage de ces mêmes circonstances, il a été catalogué comme étant un élément de tout un chapelet de tensions qui embrasent le Sahara dans son ensemble, de l’Atlantique à la Mer rouge.
Par référence aux données historiques établies et avérées, le prolongement saharien de l’Etat marocain ancestral, ne devrait à priori prêter à aucune discussion, encore moins à un quelconque problème, l’inverse des frontières, pièce par pièce, conçues par le colonialisme européen sur le flanc saharien, aux autres pays du Nord africain (particulièrement les frontières sahariennes de la Libye et de l’Algérie), et qui se prêtaient de toute évidence au jeu de l’affrontement politique international1.
Pourquoi donc la question du Sahara marocain était-elle restée posée alors que, jusqu'à nouvel ordre, on ferme les yeux sur d’autres parties du Sahara des pays Nord-Africains ?2.
Laissons de côté les développements qu’a connus la question du Sahara que les spécialistes, les acteurs et les observateurs de la politique internationale3 appréhendent fort bien, pour nous atteler à l’histoire même du Sahara atlantique, s’étendant de Tarfaya au fleuve Sénégal avant la période coloniale du début du 20ème siècle. Mais cette démarche, pour autant qu’elle pourrait faire la lumière sur bien des points, soulève un grand problème, qui consiste en l’insuffisance des témoignages historiques locaux et, par conséquent, des données qui en résulteraient.
I - Processus de l’écriture de l’histoire portant sur le Sahara atlantique
Si nous enjambons les époques lointaines dont l’exploration nécessite le recours à des techniques de recherches archéologiques et autres techniques semblables, telle la toponymie, l’on constate, que la première période de l’histoire, tout comme c’est le cas pour les derniers siècles.
précédant le début de l’ère chrétienne, ne nous offrent, en guise de témoignages historiquement consignés sur l’espace saharien, que des données parcimonieuses, puisque nous ne disposons en la matière, que de quelques résidus des textes latins légués par Hérodote ou Saloster, textes qui se prêtent à de nombreuses lectures et interprétations. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, les analystes ne s’y réfèrent souvent qu’à titre indicatif sans plus.
Avec la venue de l’Islam en terre marocaine et sa consolidation dans la région durant le 8ème siècle, les témoignages arabes sur l’espace saharien commençaient à pleuvoir, apportant des données d’une richesse exceptionnelle.
Au départ, et jusqu’au 10ème siècle, tout venait du Machrek (Ibn Haoukal, Ibn Abdelhakam et Massaoudi). La production version marocaine a été relancée par la suite, avec des références aux écrits d’un certain nombre d’historiens, de géographes, d’hommes de lettres, et d’encyclopédistes du Machrek, tels El-Amri ou Al-Kalkchindi.
Parmi les noms marocains prestigieux qui ont monopolisé la quasi-totalité de ce que nous savons sur la région entre le 11ème et le 14ème siècle, figurent Al-Bekri, El-Idrissi, Ibn Said Al-Maghri, Ibn Aadri, Ibn Abi-Zaraa et Ibn Batouta.
Nous étions chanceux à la constatation que les écrits d’Ibn Khaldoun durant le dernier quart du 14ème siècle, aient tenté de rassembler la quasi-totalité des éléments et données arabes portant aussi bien sur la géographie et l’histoire de l’espace du Sahara atlantique, que sur les activités de ses tribus entre le 8ème et le 14ème siècle.
Tandis que les récits arabes déclinaient, à l’exception de la période de production de Léon l’africain au début du 16ème siècle, la relation ibérique des faits s’est métamorphosée en une dynamique de découvertes géographiques durant le 15ème et le 16ème siècle, prenant la tête des écrits historiques les plus importants sur le Sahara atlantique.
Les témoignages européens ont ainsi maintenu leur domination tout au long des siècles suivants jusqu’à la fin du 19ème siècle, et ce à travers des écrits hollandais, danois, français, britanniques et autres4.
A voir la liste des écrits sur l’histoire du Sahara atlantique, nul ne peut s’empêcher de constater que la plus grande partie de ces écrits n’était pas d’origine locale5.
A l’exception du legs de cheikh Mohamed Al-Yadali (16851753), nous n’avons disposé de témoignages historiques locaux pertinents qu’au tout début du 20ème siècle, lorsque certains esprits éclairés, encouragés par des personnalités de l’administration coloniale, se sont résolus à accorder à cette question l’importance qu’elle mérite.
Cheikh Sidi Baba s’est d’ailleurs étonné de cette situation choquante en traitant de l’histoire des Emirats d’« Idouich » et de « Machdaf ». Il s’y est arrêté avec beaucoup d’émotion, celle-là même que ressentent aujourd’hui chercheurs et analystes.
Sur ce point, il affirme : « J’étais étonné comment les Ouléma et les hommes de lettres de cette terre +Baidane+ sahraouie marocaine, n’aient pu s’intéresser, vu leur mérite et leur noblesse, à l’histoire de cette terre, pour la consigner dans de remarquables ouvrages, au regard de l’abondance des événements et des hauts faits qui s’y sont déroulés et qui requièrent des écrits, et en considération du grand nombre d’illustres personnages de divers horizons qui y vivaient et dont les témoignages sur sa grandeur, ne devaient guère tomber dans l’oubli : si de cette époque, j’avais trouvé un ouvrage sur lequel je pourrai m’appuyer, j’en aurai noté tout ce qui y est désigné du doigt »6.
Nul doute que quiconque adopterait une approche simpliste, reprocherait aux tribus sahraouies leur négligence et s’adonnerait, peut-être, à un travail d’évaluation et d’appréciation de cette négligence, plutôt que de mener une réflexion pour en saisir les tenants et les aboutissants.
II - Ce que nous savons sur le Sahara atlantique durant le premier millénaire
Au 3ème siècle, le recours au chameau comme moyen de transport par les tribus amazigh de Znata et Senhaja reparties dans la partie occidentale de grand Sahara, était l’événement majeur dans l’histoire de la région.
Nul doute que ce recours à grande échelle a eu un grand impact sur l’organisation des flux commerciaux entre les deux rives du Sahara durant les six premiers siècles.
La situation qui prévalait, nécessitait de toute évidence une certaine organisation politique à même de sauvegarder la sécurité des hommes et du commerce auquel ils s’adonnent, ce qui a incité les chefs des tribus senhaja à s’inscrire dans cette même dynamique.
C’est ainsi qu’est apparu le système des alliances politiques tribales, tel qu’il a été évoqué par Al-Bekri, Ibn Abi-Zaraa, Ibn Aadari, Ibn Samak Al-Aamili, et bien d’autres7.
Il est probable que les défis majeurs qu’imposent la nature et le climat du Sahara, ont pesé de tout leur poids sur le système des alliances politiques tribales qui a connu, par conséquent, de nombreux développements dont nous ne savons que très peu de choses.
En la matière, les données dont nous disposons sont pauvres ou dépourvues de toute consistance, nous conduisant à conclure que ces développements variaient entre l’échec chronique et la réussite furtive.
Il apparaît que la propagation de la Daawa islamique au sein des tribus Senhaja au cours du troisième siècle de l’hégire, a donné lieu à des circonstances propices à une telle unité politique. Elles n’étaient cependant pas suffisantes pour venir à bout du caractère nuisible des conditions qui brident l’activité humaine, et qui sont inhérentes à l’austérité de la nature du Sahara.
Il semble bien que les développements que connaîtra le mouvement Almoravide, issu du troisième bloc senhaji, témoignent de ce que nous présumons8.
III - Le Sahara atlantique : de Abdellah Ibn Yassine à Nasser Eddine.
Au début du second millénaire, le deuxième bloc Senhaji était en état de déliquescence, mais la direction Senhajie était consciente de la nécessité d’une organisation politique pour pouvoir profiter des revenus du commerce saharien entrepris par caravanes, et pour être en phase avec les développements importants que connaît le commerce à l’époque.
C’est ainsi qu’ils ont pu rebondir pour la troisième fois avec un socle religieux solide, pour constituer un bloc regroupant la quasi-totalité des tribus Senhaja, et pour réunir les moyens devant leur permettre d’atteindre leur objectif.
Pour ce faire, ils ont fait appel a un Fquih du Souss en l’an 1039, en l’occurrence Abdellah Ibn Yassine Al-Jazouli, disciple de Ouajaj Ben Zellou Lamti, cheikh de Ribat Nfiss.
Cette donnée historique témoigne de la symbiose tribale, religieuse et spirituelle entre l’espace saharien et ses prolongements marocains avec le Souss. Il en va de même pour les orientations qui étaient à la base des tendances politiques et religieuses de l’Imam Abdellah Ibn Yassine après le succès de ses prédications, et la naissance du mouvement Almoravide, qui nous indiquent l’ampleur des liens organiques et vitaux sur plusieurs plans entre ces deux espaces (Sahara et Souss).
Les références dont nous disposons indiquent que la Direction du bloc senhaji penchait beaucoup plus vers le nord que vers le sud9.
La plus importante action politique menée par l’Imam et ses successeurs en direction du sud (Royaume de Ghana et Bilad Soudan de manière générale), n’était en effet qu’une tentative pour le recouvrement de la souveraineté des senhaja sur oudghichte en l’an 446 de l’hégire, alors que toute l’attention de la direction des Almoravides, était portée sur Sijilmassa, Souss et Tamesna qui étaient le fief des Berghouata.
Ces penchants apparaissent beaucoup plus clairement chez la direction Almoravide dans son action tendant à la fondation de Marrakech en l’an 1070 environ, et à sa résolution à en faire la capitale de son Etat naissant à l’époque de Youssef Ibn Tachfine.
L’abdication d’Abou Bakr Ibn Omar au profit de son cousin Youssef en l’an 1061, était venue corroborer et encourager ce choix.
Si la relation de l’histoire de l’Etat marocain entre le 11ème et le 17ème siècle10 a négligé l’espace saharien, à l’exception de quelques éléments et données consignés dans certains écrits historiques, ou ayant trait à la géographie, il n’en demeure pas moins que les apports du Sahara atlantique avec le Maroc étaient restés les mêmes que par le passé, autrement comment expliquer la poursuite du commerce saharien durant cette période et sa prospérité durant certaines étapes de cette période, comme c’était le cas au cours des 10ème et 11ème siècles, ou encore durant la première moitié du 14ème siècle ? Comment, bien plus encore, peut-on expliquer l’ordre du Sultan Mérinide aux notables des tribus du Sahara, leur enjoignant d’accompagner les émissaires dépêchés auprès de lui par les gouvernants et les Sultans du Soudan (à l’époque du Mali), ou ceux dépêchés par lui auprès d’eux, si leur autorité n’était pas effectivement établie au Sahara11